Eau sans filtre

Conseils

Eau de puits ou de forage : la faire analyser avant de la boire

L'eau d'un puits ou d'un forage privé échappe au contrôle sanitaire public. Avant de la boire, une seule réponse fiable : l'analyse en laboratoire. Les démarches, pas à pas.

Mis à jour le 24 octobre 20262 min de lectureChiffres vérifiés aux sources officielles
L'essentiel
  • Un puits ou forage à usage domestique se déclare en mairie (formulaire Cerfa 13837), au moins un mois avant les travaux.
  • Pour boire l'eau, une analyse par un laboratoire agréé par le ministère de la Santé est indispensable.
  • Les risques principaux : bactéries, nitrates et pesticides, selon l'environnement du puits.
  • Refaites l'analyse au moins une fois par an : une analyse ponctuelle ne garantit pas une eau potable dans la durée.

Pourquoi un puits n'est pas comme le robinet

L'eau du réseau public est contrôlée par l'ARS et traitée avant distribution. L'eau d'un puits ou d'un forage privé ne l'est pas : elle sort de la nappe telle quelle, et sa qualité dépend de ce qui l'entoure. Une fosse septique, un champ cultivé, un élevage ou un puits mal protégé en surface peuvent la contaminer. Les données de ce site ne la couvrent donc pas.

Les démarches

Déclarer le puits

Tout prélèvement d'eau souterraine à usage domestique doit être déclaré au maire, avec le formulaire Cerfa 13837, au moins un mois avant les travaux pour un nouvel ouvrage. L'usage domestique couvre les besoins d'une famille, jusqu'à 1 000 m³ par an ; au-delà, une procédure préfectorale s'applique.

Faire analyser l'eau

Si l'eau doit servir à la boisson ou à la cuisine, une analyse est indispensable, par un laboratoire agréé par le ministère de la Santé (votre ARS ou votre mairie peuvent vous orienter). La déclaration d'un ouvrage destiné à la consommation humaine doit être accompagnée d'une analyse de type P1, à l'exception du chlore.

Quoi rechercher

  • Bactériologie (E. coli, entérocoques) : le paramètre le plus important pour la santé à court terme.
  • Nitrates : fréquents en zone agricole, surtout dans les nappes peu profondes. Limite : 50 mg/L.
  • Pesticides : selon les cultures alentour.
  • Paramètres physico-chimiques : turbidité, pH, conductivité, fer, manganèse.
  • Selon la région : arsenic, fluor, ou d'autres éléments d'origine naturelle.

Demandez au laboratoire la liste adaptée à votre situation, et un devis : le tarif dépend du nombre de paramètres.

Et ensuite

  • Refaites l'analyse au moins une fois par an, et après de fortes pluies ou des travaux : une analyse ponctuelle ne garantit pas la potabilité dans la durée.
  • Protégez le puits : margelle étanche, couvercle, pas de dépôt ni d'épandage à proximité.
  • Séparez totalement le circuit du puits du réseau public : aucun retour d'eau ne doit être possible.
  • Si l'analyse révèle un problème, choisissez le traitement avec un professionnel, en fonction de ce qui a été trouvé.

Pour l'eau du réseau public, en revanche, les analyses sont déjà faites et publiques :

L'eau du réseau de votre commune

Entrez votre commune : les mesures officielles de votre réseau et une réponse claire, en 30 secondes.

Questions fréquentes

Peut-on boire l'eau de son puits ?

Seulement après une analyse qui montre qu'elle respecte les critères de potabilité, et en la faisant contrôler régulièrement. Sans analyse, réservez-la à l'arrosage et au jardin.

Faut-il déclarer un puits ?

Oui. Les prélèvements d'eau souterraine à usage domestique doivent être déclarés au maire (article L. 2224-9 du Code général des collectivités territoriales), avec le formulaire Cerfa 13837, au moins un mois avant les travaux pour un nouvel ouvrage. L'usage domestique va jusqu'à 1 000 m³ par an.

Un filtre rend-il potable l'eau d'un puits ?

Pas à coup sûr. Les filtres domestiques ne garantissent pas l'élimination des bactéries, et aucun ne traite tout. Le traitement éventuel se choisit après l'analyse, en fonction de ce qu'elle trouve, avec un professionnel.

Peut-on relier son puits au réseau de la maison ?

Pas sans précaution : un puits ne doit jamais pouvoir refouler son eau dans le réseau public. Une séparation totale des deux circuits est obligatoire, et le service d'eau peut contrôler l'installation.